Groupe socialiste et radical de gauche
Résister
Pour la première fois depuis les élections régionales de mars dernier, je m’adresse de nouveau à vous dans le cadre de la tribune réservée à l’expression des groupes politiques. Je tiens donc à remercier au nom de notre groupe toutes celles et ceux d’entre vous qui ont renouvelé leur confiance à François Patriat et à son équipe. Nous abordons cette nouvelle mandature avec un groupe socialiste et radical de gauche, renouvelé et rajeuni, fort de sa diversité et renforcé à hauteur de 27 membres. Notre majorité régionale composée de socialistes, de radicaux de gauche, de communistes et de représentants d’Europe Ecologie Bourgogne aura à cœur de mettre en œuvre son programme «Une Bourgogne pour tous, un avenir pour chacun».
La crise frappe de plein fouet la Bourgogne. Avec la Picardie, Champagne-Ardenne, Lorraine, nous sommes parmi les quatre régions les plus affectées par les pertes d’emploi depuis 2008 : 30 000 emplois dont 9 000 emplois industriels. Notre volonté d'appliquer notre programme pour protéger nos territoires et la population bourguignonne est entière. Pour autant, avec les réformes en cours, nous sommes dans une période de double incertitude : incertitude sur nos moyens qui dépendront uniquement de l'État et incertitude sur nos compétences.
Privée d’autonomie fiscale avec la suppression dès 2010 de la taxe professionnelle et en 2011 de la taxe sur le foncier bâti, la Région sera la seule collectivité sans fiscalité locale directe. Cela signifie que nos recettes ne dépendront maintenant que du bon vouloir de l’Etat qui nous annonce déjà que ses dotations aux collectivités seront gelées, déficit abyssal de l’Etat oblige ! Si on n’y prenait grade, les conséquences pourraient être dramatiques l’emploi de proximité en Bourgogne. Les collectivités locales représentent en effet 75% de l’investissement public pour seulement 9% de l’endettement. Le maintien d’un niveau d’investissement important sera donc un de nos objectifs prioritaires au cours de cette mandature.
Le projet de loi de réforme des collectivités locales en cours de discussion au Parlement ajoute à l’incertitude sur nos moyens l’incertitude sur nos compétences, c'est-à-dire sur notre «droit à faire». On nous avait annoncé une clarification des compétences, on se retrouve avec l’interdiction des financements conjoints entre les Départements et la Région. Cette contrainte, l’Etat ne se l’appliquera pas, bien entendu, car il pourra continuer à faire financer par les Départements et la Région les projets dont il a compétence, tels que les lignes à grandes vitesse ou les routes nationales ! Si le texte de loi reste inchangé, beaucoup de projets locaux d’investissements seront morts nés et les conséquences sur l’emploi dans le bâtiment seront dramatiques.
Dans ce contexte financier et administratif qui ajoute l’incertitude à la crise sociale et économique d’ampleur que traverse notre pays, notre détermination est totale pour résister. Le budget 2011 est en cours de préparation. Il sera marqué par une volonté de maintenir un haut niveau d’investissement tout en ne mettant pas en péril l’équilibre de nos comptes. Protéger nos emplois et anticiper les mutations économiques, innover et faire émerger des filières industrielles d’avenir et des éco-filières, favoriser la réussite scolaire et l’autonomie des jeunes, répondre aux besoins de déplacements, voilà quelques priorités sur lesquelles nous souhaitons rassembler la majorité des Bourguignons.
Michel Neugnot
Président du groupe socialiste et radical de gauche
- Article du 17/06/2010 14:43, modifié le 17/06/2010 14:52 -