CICUITS COURTS
Du producteur au consom'acteur
Le meilleur moyen de préserver une marge commerciale est de se passer d'intermédiaires. 3 700 exploitations agricoles bourguignonnes se sont engagées dans la vente directe, une démarche encouragée par le conseil régional de Bourgogne.

Panier de légumes
© crédit photo : Pierre Combier
Récupérer son panier de produits de saison dans une AMAP (association pour le maintien d'une agriculture paysanne), aller chercher une volaille et du fromage directement à la ferme... Ce n'est pas une utopie mais une réalité en Bourgogne où 3 700 exploitations agricoles pratiquent la vente directe.
Le conseil régional soutient cette démarche et s'engage pour développer des circuits alimentaires de proximité offrant des produits de qualité, qu'ils soient bio ou labélisés (AOC, AOP, IGP, Label Rouge).
Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à vouloir acheter de manière citoyenne. Ils privilégient les circuits courts, c'est-à-dire la vente directe ou la vente indirecte, à condition qu’il n’y ait qu’un seul intermédiaire. Producteurs et consommateurs sont tous les deux gagnants. La réduction du nombre d’intermédiaires permet d’avoir des prix d’achats plus bas pour le consommateur qui achète des produits plus frais, locaux et moins chers. Le producteur lui, augmente sa marge et valorise ainsi sa production.
Les marchés de producteurs, les paniers et les cueillettes au champ se multiplient dans la région. Les AMAP qui associent maraîchers et producteurs bio sont également en plein essor. On en recense 41 en Bourgogne, dont 11 pour la seule agglomération dijonnaise. Rendez-vous en Bourgogne pour profiter à votre tour de ces ventes directes.
Ce qu'ils en disent...
Marie-Thérèse Varlet, GAEC de Souilly, à Montigny-la-Resle (Yonne)
«Les gens apprécient d'acheter leurs produits laitiers directement chez le producteur»
«Nous sommes installés depuis 1994 dans l'Yonne avec mon mari. Notre fils nous a rejoint en 1999 et a impulsé la conversion de l'élevage laitier à l'agriculture biologique. Nous transformons 175 000 litres de lait par an. Avec nous réalisons du fromage : le Souilly, de la tomme, du Soumaintrain, du fromage blanc... Dès le début nous nous sommes lancés dans la vente directe. Aujourd'hui, je fais quatre marchés par semaine à Chablis (le dimanche), à Auxerre (les mardi et vendredi) et à Joigny (le samedi). L'exploitation est ouverte, toute l'année, 7 jours/7, de 16 à 19 heures. De dehors, les gens me voient travailler, ça leur donne envie de s'arrêter. L'été, il y a beaucoup de touristes, ils apprécient d'acheter leurs produits laitiers directement chez le producteur.»
Stéphanie Peulson, EARL Peulson à Châtenoy-le-Royal (Saône-et-Loire)
«La vente directe à la ferme c'est très gratifiant»
«Après quinze années passées comme salariée sur l'exploitation agricole de mon mari, j'ai eu envie de lancer ma propre activité. Je n'aime pas m'occuper des vaches, mais j'adore les volailles ! Mon choix était tout fait. J'ai ouvert un magasin de vente directe à la ferme sous l’enseigne Délices de nos Campagnes. Je vends des colis de viande bovine charolaise qui proviennent de l'élevage de mon mari, des volailles fermières, des terrines et plats cuisinés. Les premiers clients ont été les gens de notre rue, puis avec le bouche à oreille la clientèle s'est élargie. La création d'un site internet (www.delicesdenoscampagnes.com) nous a permis de toucher plus de monde. Ça fonctionne très bien. Quand un client revient et me dit qu'il a trouvé mes produits très bons, c'est très gratifiant.»
- Article du 10/02/2012 11:01, modifié le 10/02/2012 14:40 -